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Conseiller métropolitain à Bordeaux Métropole - Maire Adjoint de Pessac

Benoit Rautureau

Et si nous débattions de l'avenir de notre pays ?


En me levant ce matin, je me prenais à rêver d'entendre en allumant la radio, un débat passionné mais constructif projet contre projet, un sujet sur le programme de tel ou tel candidat, mais non, rien. Le néant. J'étais bien en France en 2017, dans ce pays ô combien magnifique disposant d'atouts fantastiques mais pays sclérosé, en fin de cycle, pays dont le fonctionnement démocratique est entrain d'être dévoyé. 
La démocratie, m'a t-on appris depuis l'école primaire, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Or, aujourd'hui on est entrain de tenter de voler l'élection présidentielle au peuple Français dans une période où ce choix est d'autant plus crucial que le monde est incertain.
Printemps 2011, l'affaire Strauss Kahn éclate, privant la gauche du champion annoncé de ses primaires d'octobre non pas pour son projet mais pour sa moralité. Janvier 2017, l'affaire Fillon éclate mettant à mal l'un des favoris pour tenter d'éliminer le candidat de la droite et du centre non pas pour son projet mais pour sa moralité. 
Notre démocratie est malade. Quel est ce pays où les médias n'informent plus mais s'érigent en juges dans des procès médiatiques à charge bafouant le principe même de présomption d'innocence ? Car, je le rappelle, à la base du fonctionnement de notre justice, il y a la présomption d'innocence. C'est à l'accusation de démontrer la culpabilité d'un individu et non à la défense de démontrer son innocence ! Quel est ce pays dans lequel la justice communique des informations de procédures ou des pièces de dossiers en cours d'instruction ? La justice n'est pas là pour déterminer ce qui est immoral ou ce qui ne l'est pas, afin de décider à la place du peuple qui est digne moralement d'être élu ou de ne pas l'être ! Elle n'est la que pour déterminer qui est en conformité avec la loi et qui ne l'est pas, et pour sanctionner celui qui ne l'est pas. 
Aujourd'hui, si les médias s'en donnaient la peine, alors oui, ils pourraient trouver, j'en suis persuadé, des éléments, des actes, des attitudes, dans la vie de tous les candidats qui pourraient être considérés comme choquant ou immoral au regard de leurs propositions ou de leur positionnement politique actuel. 
Est-ce moral de voir que les candidats de gauche, ont des situations, des habitudes de vie que peu des personnes qu'ils sont sensés représenter ne pourront atteindre. Est-ce moral de voir la candidate de l'extrême droite se faire passer pour le chantre de l'honnêteté alors même que l'histoire du FN et de son fondateur est émaillée d'affaires. Est-ce morale de voir Marine Le Pen reconnaître avoir embauché son compagnon comme assistant parlementaire à mi-temps pour 5000 € brut par mois sans que ça pose un quelconque problème à quiconque ? 
Est-ce moral de voir un président de région cumuler sa présidence de région avec un poste de parlementaire ? Il faudra qu'on m'explique comment on peut être à la fois dans sa circonscription, au parlement, présent au conseil régional et sur des territoires grands comme ceux des nouvelles régions ? N'est ce pas de facto, une forme d'emploi fictif ? 

Bref, au delà de la surenchère, du dénigrement, du "tous pourris" si facile à affirmer, j'aimerais que l'on sorte de l'hypocrisie, que l'on construise, que l'on avance. 
Oui il y a un problème de nombre et de statut de l'élu dans notre pays. Ne serait-il pas plus constructif que les médias et la classe politique le reconnaissent. Ne serait-il pas plus constructif que les citoyens en soient conscients et que tous ensemble nous définissions un vrai statut qui permette une meilleure représentativité de la classe politique qui nous permette de sortir du flou, de l'ambiguïté et donc de la suspicion. Nous ne changerons rien en jetant en pâture, dans une hypocrisie honteuse, un bouc-émissaire d'un système généralisé. Quels sont les propositions des candidats sur ce sujet essentiel ? Voilà la vraie question ! 

Elu n'est pas un métier, c'est une fonction par définition temporaire, un engagement au service de l'intérêt général, d'une cité, d'une collectivité locale, du pays. Comment faire en sorte que cette fonction soit compatible avec le maintien dans la plupart des cas d'une activité professionnelle ? La loi sur le non cumul des mandats va dans le bon sens mais ne règle pas le problème de fond. Il faut des élus moins nombreux et mieux indemnisés avec des règles plus contrôlées et plus claires. Il faut un vrai statut qui permette, au élus qui n'ont pas pu garder une activité et qui souhaitent passer la main après plusieurs années de mandat, d'avoir accès à une vraie réinsertion professionnelle. Car ne nous y trompons pas, c'est à ce prix que nous aurons des élus compétents, disponibles et irréprochables. La plupart des élus locaux, sont extrêmement engagés et mal indemnisés par rapport au temps qu'ils y passent et à l'investissement qui est le leur sans qu'hélas les citoyen en soient toujours conscients. Il faut également mettre en œuvre un vrai choque de simplification qui sera salutaire pour nos concitoyens, pour les acteurs économiques mais également pour nous, élus ! Car plus les normes, les règles, sont nombreuses et complexes, plus elles sont incompréhensibles et difficiles à assimiler pour nos concitoyens, plus elles sont chronophage et coûteuses pour nos entreprises comme pour nos concitoyens, mais plus elles sont chronophage pour nous élus et, plus elles nous éloignent du statut que j'appelle de mes vœux. 
Il faut donc en finir avec les législations précipitées, éruptives, émotionnelles et médiatiques. Il faut en finir avec la sur-légiferation et pratiquer le toilettage législatif et réglementaire. Il faut laisser davantage de liberté et mettre en oeuvre des démarches simplifiées. Ce qui ne restreindra en rien leur efficacité et leur contrôle. Au contraire elles s'en verront ainsi simplifiés. Alors débattons du fond désormais afin de libérer les énergies, les initiatives, les talents, les volontés dont notre pays dispose. Arrêtons avec la surenchère, les anathèmes, qui ne nous feront en rien avancer collectivement.

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